HISTOIREAncien protectorat français intégré à l'Indochine, le Cambodge a obtenu son indépendance le 9 novembre 1953, à la fin de la guerre d'Indochine. Devenu une monarchie constitutionnelle (depuis 1947) dirigée par le roi Norodom Sihanouk, le pays affiche une politique de neutralité en ce qui concerne la guerre du Viêtnam, mais soutient en réalité le Nord-Viêtnam dès 1966, laissant transiter par son territoire des troupes et des fournitures à destination du Front de libération du Sud-Viêtnam. Confronté à partir de 1967-68 à une insurrection fomentée par les Khmers rouges, des rebelles communistes d'inspiration maoïste, Norodom Sihanouk doit faire appel le 14 août 1969 au général Lon Nol, connu pour son anticommunisme et pour sa sympathie envers les américains. Celui-ci réalise un coup d'État le 18 mars 1970, profitant du voyage du roi à Moscou et Pékin. Dirigé par une dictature alliée des États-Unis, le Cambodge est alors intégré à la stratégie d'endiguement du communisme en Asie du Sud-Est. Avec l'appui du Viet Minh, les Khmers rouges pro viêtnamiens déclenchent une véritable guerre contre les forces gouvernementales et sont en passe de gagner avant que les États-Unis n'interviennent et sauvent le régime de Lon Nol (avril-juin 1970). Mais lorsqu'en 1973 les États-Unis se désengagent de la région, leurs frappes aériennes n'ont pas réussi à éradiquer la menace communiste. Alors que le Viêtnam-Nord est sur le point de gagner la guerre contre le Viêtnam-Sud, les Khmers rouges prennent Phnom Penh le 17 avril 1975. L'« Angkar » (organisation) des Khmers rouges applique alors une politique maximaliste, plus radicale encore que celle des soviétiques et des maoïstes, visant notamment à purifier le pays de la « corruption » de la civilisation urbaine. Les villes, à l'image de Phnom Penh dans la nuit du 17 au 18 avril 1975, sont vidées de leurs habitants, envoyés en rééducation dans les campagnes. La traque systématique des anciennes élites instruites parlant le français et de ceux qui utilisent des lunettes, ajouté aux mines et à la guerilla est un véritable génocide : deux millions de personnes sont mortes, soit deux septième de la population totale du Cambodge. L'économie est dans le coma. Ce n'est qu'en 1979 que les Viêtnamiens, avec l'assentiment tacite de la communauté internationale, chasseront les Khmers rouges du pouvoir et réorganiseront le pays. Après leur départ, le régime retrouvera peu à peu un semblant d'autonomie et de démocratie avec l'aide de l'ONU. Le premier ministre Hun Sen, placé par le Vietnam, dirige le pays depuis cette période et le roi Norodom Sihanouk est redevenu chef de l'état. Le 29 octobre 2004, le prince Norodom Sihamoni, 51 ans, célibataire, le plus jeune fils du roi Norodom Sihanouk et de la reine Monineath a succédé à son père, celui-ci ayant abdiqué. Norodom Sihamoni fut onze ans durant ambassadeur de son pays à l'UNESCO POLITIQUEEn avril 1975, le Cambodge tomba sous le contrôle des Khmers rouges et devint la République démocratique du Kampuchéa. En 1979, une organisation de rebelles, le Front uni national pour le salut du Kampuchéa (FUNSK), déposa le gouvernement khmer rouge avec l'appui des troupes vietnamiennes, et instaura la République populaire du Kampuchéa!; le nom du pays redevint officiellement État du Cambodge en 1989. Le FUNSK établit un Conseil révolutionnaire populaire de 14 membres pour gouverner le pays. Une constitution fut promulguée en mars 1981!; en mai de la même année, des élections furent organisées pour élire les 117 députés qui allaient siéger à l'Assemblée nationale. Le pouvoir exécutif fut dévolu au président du Conseil d'État et au président du Conseil des ministres (le Premier ministre). Les Khmers rouges et d'autres groupements politiques fondèrent le gouvernement de coalition du Kampuchéa démocratique, pour affirmer leur opposition au régime soutenu par les Vietnamiens : ils purent ainsi conserver leur siège à l'ONU. En octobre 1991, un accord fut signé, stipulant que l'ONU et un Conseil national suprême de 12 membres allaient gouverner conjointement le pays jusqu'à la tenue des élections libres. Le prince Norodom Sihanouk fut élu président du Conseil national suprême. Les élections de mai 1993 aboutirent à un nouveau gouvernement de coalition. En septembre 1993, la nouvelle constitution rétablit la monarchie constitutionnelle : en vertu de la Constitution, le roi règne mais ne gouverne pas. Les Khmers rouges refusèrent de participer à ce gouvernement et proclamèrent un gouvernement provisoire dans les régions encore sous leur contrôle. GEOGRAPHIESitué au coeur de la péninsule indochinoise, le Cambodge est coincé entre la Thaïlande (à l'ouest), le Vietnam (à l'est) et le Laos (au nord). Sa superficie n'est que de 181 000 km2 et des poussières, soit 3 fois moins que la France. Le relief est moyen, avec tout de même un sommet à près de 1 800 m d'altitude (au sud-ouest), quelques plateaux au nord et deux chaînes de basses montagnes (les Cardamomes et l'Éléphant) à l'ouest. La côte sud borde le golfe de Siam sur environ 250 km, avec quelques jolies plages. La grande particularité du Cambodge réside dans son système hydrographique, avec bien sûr le Mékong, bras nourricier du pays qu'il traverse sur plus de 300 km. Mais il ne faut pas oublier ce lac étonnant qu'est le Tonlé Sap, situé entre Phnom Penh et Angkor. Ne manquez pas d'aller y admirer les villages flottants... Enfin, n'oublions pas les forêts, qui ceinturent le pays du sud-ouest au nord-est. Celles de la chaîne des Cardamomes et de Ratanakiri sont encore le domaine des tigres, des serpents, des éléphants... et des Khmers rouges. Ambiance de jungle primitive garantie. ECONOMIELe Cambodge est un pays de quasi-monoculture : le riz représente la ressource essentielle du pays. La production de caoutchouc, autre atout essentiel de l'agriculture cambodgienne, diminua également quand, en 1975, le nouveau gouvernement khmer rouge nationalisa tous les moyens de production et collectivisa l'agriculture. Les récoltes stagnèrent jusqu'au début de la guerre, en 1978. Mais en 1979, la culture du riz fut pratiquement interrompue, provoquant une disette généralisée dans tout le pays. La guerre eut également de graves conséquences dans le secteur de la petite industrie, et les réseaux de communications furent détruits. Au milieu des années 1980, l'agriculture et l'industrie recommencèrent à fonctionner. Mais le Cambodge n'en resta pas moins l'un des pays les plus pauvres du monde!; en 1991, le produit national brut s'élevait à 1,7 milliard de dollars et le PNB par habitant (193 dollars) figurait parmi les plus bas du monde. RELIGIONTrois religions, l'animisme, le brahmanisme et le bouddhisme, se sont mariées harmonieusement, se sont même renforcés mutuellement, pour aider le Khmer à vivre en harmonie avec le cosmos, le cycle des saisons, les forces de la nature. L'animisme lui permet d'expliquer et d'organiser sa vie en ce bas-monde, Le bouddhisme l'aide à espérer en un monde futur meilleur, Le brahmanisme reste le cadre et le support de certains rituels. Le bouddhisme khmer fut et est encore la base et le ciment de la société khmère. La pagode est le seul lieu de brassage de la population masculine, le seul centre d'enseignement, le seul conservatoire de traditions et de textes, le seul centre de diffusion d'une culture commune... Etre Khmer, c'est être bouddhiste et sans le bouddhisme le Cambodge n'existerait pas. Pour mémoire, un culte d'origine brahmaniste angkorien, le culte des BAKU est conservé au Palais pour l'exercice des cérémonies royales, la détermination des "bonnes" dates, l'interprétation des présages, tirer les horoscopes. (Il en est de même à la cour de Thaïlande). |